Produced by Stéphane and recorded in Rio de Janeiro and New York, “Saved By The Drums” is dedicated to the great Brazilian drum and percussion master Wilson das Neves (1936-2017). The legendary “rhythmist” of the Imperio Serrano, one of the most traditional Samba schools in Rio, participated in many of the most important Samba Jazz and MPB albums and accompanied Chico Buarque for nearly 3 decades. Stéphane calls him “my spiritual father”.

“He was the person who encouraged me from the beginning to deepen not only my passion for Brazilian music, but especially my creative work as a songwriter,”.Mr. Wilson, in turn, described Stéphane as “the most Brazilian French I have met” and used to compliment him for his mastery of local rhythms, highlighting their shared African origins.

Wilson das Neves died in August 2017, but had the time to lend the immense charisma of his octogenarian voice for the song “The day the favela will come down and it will not be the carnival”, the version Stéphane made of the classic piece of the samba, “O Dia Em Que O Morro Descer E Não For Carnaval”. Stéphane’s version maintains the strength of the political message in the French translation, and was duly approved by the famous lyricist Paulo César Pinheiro. “Wilson wanted to take me to his house to show him the verses in French,” Stéphane recalls. The percussion in the track is managed by another name of noble lineage: Armando Marcal, grandson of Marcal (1902-1947), one of the pioneering composers of samba and son of Master Marcal (1930-1994), legendary director of drums and samba schools.

SAVED BY THE DRUMS STÉPHANE SAN JUAN

C’est avec un profond respect envers les entités religieuses et une estime totale des différentes cultures des nombreux pays où il a vécu, dont il a pratiqué les musiques et où il s’est fait beaucoup d’amis, que Stéphane San Juan sort son deuxième album solo « Saved By The Drums », fort de ses expériences et désirant partager ce qu’il a appris jusqu’ici. Très appréciable.

Au cours des trois dernières décennies, ce batteur, percussionniste, producteur et chanteur français a parcouru le monde, accumulant des expériences, des échanges musicaux, suivant un chemin hors du commun en explorant le jazz, les rythmes africains, les sons hybrides de la musique dite “du monde”, la samba, la musique cubaine, la chanson française, le funk et le rhythm’ & blues.

Le multiculturalisme, Stéphane l’avait déjà dans la peau avec un père d’origine espagnole, né et élevé en Algérie, et une mère d’ascendance italiano-allemande, née au Vietnam et élevée à Madagascar. Il s’enrichit en expérimentant l’acid jazz à Londres et en accompagnant le couple malien Amadou & Mariam pendant cinq ans, tant en studio qu’en tournées mondiales, avec une immersion de plusieurs mois à Bamako, capitale du Mali. Mûri par quelques saisons au Bangladesh et à Cuba, le processus de transformation sera complété par quinze ans de vie au Brésil. En effet, après avoir rencontré Domenico Lancellotti, Kassin et Moreno Veloso, et avoir intégré leur groupe “+ 2”, il déménage à Rio de Janeiro en 2002. Il laisse son empreinte sur la scène locale, en tant que membre de l’Orquestra Impérial, et en accompagnant des chanteurs populaires comme Vanessa da Mata et Adriana Calcanhotto. Au studio comme sur scène, il a aussi le privilège de travailler avec des maitres comme João Donato, Elza Soares et Caetano Veloso… entre autres.

Dans « Système de Son », son premier album solo sorti début 2014, Stéphane San Juan remplit brillamment son rôle de compositeur, chef d’orchestre et chanteur. Dans « Saved By The Drums, » il met l’accent sur l’âme de son éducation musicale, le rythme, ou plutôt, les rythmes, présentés dans une riche diversité et un concept raffiné, mais toujours d’une manière naturelle que l’on définirait aujourd’hui comme « organique ». « Ce sont mes meilleurs grooves » explique-t-il, utilisant le mot « meilleur » dans le sens de « plus agréable », et non de plus complexe.

Réalisé par Stéphane et enregistré presque intégralement à Rio de Janeiro, « Saved By The Drums » est dédié à un grand maître de la batterie et de la percussion brésilienne : Wilson das Neves (1936-2017). Le légendaire « rythmiste » de l’Império Serrano, l’une des écoles de samba les plus traditionnelles, de Rio, a participé à une grande partie des albums les plus importants de samba, samba jazz et MPB, et a accompagné Chico Buarque pendant près de trois décennies. Stéphane l’appelle “mon père spirituel”. «Il a été la personne qui m’a encouragé dès le début à approfondir non seulement ma passion pour la musique brésilienne, mais surtout mon travail de création en tant qu’auteur-compositeur, ». Monsieur Wilson, à son tour, définit Stéphane comme « le français le plus brésilien que j’ai rencontré » et avait l’habitude de le complimenter pour sa maitrise des rythmes locaux, pointant l’origine africaine commune de la plupart d’entre eux.

Wilson das Neves est décédé en Août 2017, mais a eu le temps de prêter le charisme immense de sa voix octogénaire pour le titre « Le jour où descendra la favela et que ce ne sera pas le carnaval », la version que Stéphane a faite du morceau classique du sambiste, « O Dia Em Que O Morro Descer E Não For Carnaval ». Cette version de Stéphane maintient toute la force du message politique et garde l’élégance d’origine. La poésie satirique originale conservée dans la traduction française, a été dûment approuvée par le célèbre parolier Paulo César Pinheiro. “Wilson a tenu à m’emmener chez lui pour lui montrer les vers en français », se souvient Stéphane. Dans l’enregistrement, qui se termine dans une atmosphère rythmique détendue, la percussion est gérée par un autre nom de noble lignée : Armando Marcal, petit-fils de Marcal (1902-1947), l’un des compositeurs pionniers de samba et fils de Maître Marcal (1930-1994), légendaire directeur de batterie d’écoles de samba et chanteur.

Aux bénédictions musicales de Wilson das Neves s’en ajoutent d’autres, comme, dès l’ouverture, le tour de force de huit minutes du morceau « Elegua », ainsi nommé en lien avec la première divinité pour laquelle on joue le tambour dans le culte des ancêtres Yoruba. Si Wilson est celui qui a guidé Stéphane vers le Ifa, son initiation à la main de Orunmila et à la cérémonie ont été faites par Zéro Telles, autre grand percussionniste de Rio, connu pour son savoir approfondi des rythmes religieux. C’est lui qui appelle les Orixas (saints Yoruba) dans l’introduction du morceau, formaté en chanson après le tiers initial. A partir de là, d’autres influences africaines apparaissent, non par hasard, car Stéphane a déjà eu des expériences religieuses durant ses années maliennes avec son compère percussionniste Boubacar Dembélé.

La deuxième chanson, « Mon Papa Était Là » est dédiée au père biologique de Stéphane, Fernand San Juan (1949-2012), et est empreinte de rythmes du Cameroun et de mélodies d’influences mandingues, laissant place à un passionnant et surprenant dialogue entre la contrebasse du brésilien Guto Wirtti (partenaire virtuose du maitre Yamandú Costa) et la trompette américaine de Michael Leonhart, prodige, qui en plus de briller dans des projets orientés vers le jazz et l’improvisation a aussi contribué aux enregistrements de Bruno Mars (« Uptown Funk »), Steely Dan, A Tribe Called Quest et Antibalas. La chanson a des teintes autobiographiques. «J’ai eu un super papa, qui aimait la musique swinguée et m’a élevé au son de grands artistes : James Brown, Gilberto Gil, Manu Dibango. Il m’a dirigé vers la musique quand j’étais dans une phase perdue. « À l’âge de 13 ans, après avoir été expulsé de trois collèges, il m’a offert une batterie », explique Stéphane.

“Saved by the drums”, la chanson-titre, complète cette histoire, sans paroles. Dans ce morceau, la guitare baryton de Gustavo Ruiz, partenaire de Stéphane dans des projets en tant que producteur (Tulipa Ruiz), dessine une mélodie circulaire alors que Zéro Telles improvise sur le hang drum et autres percussions et que Stéphane se charge de la batterie avec un effet fabuleux.

Les huit pistes de l’album ont d’importantes participations spéciales. À la différence des artistes pop, la distinction « featuring » est ici utilisée pour mettre en évidence les instrumentistes ayant de la place pour les solos, comme cela se pratique dans les disques de jazz. On note une exception dans le troisième titre, « Notre Histoire » où le chanteur et compositeur pernamboucain Zé Manoel, l’une des révélations récentes de la musique populaire brésilienne, est en duo vocal avec Stéphane. Le violoncelle de l’américain Jeffrey Ziegler (ex Kronos Quartet) crée une tension et amplifie la beauté de la chanson écrite par Stéphane sur la rupture de l’identité imposée par l’esclavage dans le processus de la colonisation des Amériques, le texte imaginant poétiquement les ancêtres touareg de Zé Manoel.

Dans un processus inverse, « Tranquille » version de « Tranquilo », réinvente la plus populaire composition du célèbre producteur carioca Kassin (l’un des principaux partenaires et amis de Stéphane durant sa décennie et demie au Brésil) à partir de l’hypnose percutante utilisant des rythmes cubains comme le guaguancó et le bembé, tous deux liés à la santería. Le message zen du texte sur le courage se marie parfaitement à l’éblouissante partie finale de l’arrangement, avec des solos enflammés du claviériste brésilien Danilo Andrade (pilier harmonique du disque, présent dans tout l’album) et de Michael Leonhart.
« A Voz Que Não Se Cala », écrit à quatre mains et interprété en duo avec l’auteur-compositeur-interprète carioca Rogê (partenaire de Seu Jorge et Arlindo Cruz), est une incursion audacieuse et réussie dans la samba traditionnelle. Développée à partir de la mélodie et des vers du refrain – créé en portugais par Stéphane – « Acredito no poder do Samba / para dizer o que ninguem fala / acredito no poder do samba/ a voz que não se cala», puis complétée par le titre et les couplets crées par Rogê, cette samba n’est en aucun cas conformiste au niveau de l’instrumentation. Accompagné de fidèles collaborateurs, le bassiste Alberto Continentino et le guitariste Guilherme Lirio, et avec Danilo Andrade au Fender Rhodes – Stéphane capture l’essence du genre avec une authenticité à toute épreuve.

La dernière chanson, « Brise », co-écrite avec le bassiste Alberto Continentino, est née de la collaboration de Stéphane avec le groupe Ultraleve 5. En prime, un solo du guitariste brésilien Guilherme Monteiro et les interventions lyriques de la trompette de Michael Leonhart, façonnent le morceau en une belle chanson française qui rencontre le swing du Highlife, rythme du Ghana. Le meilleur de deux – ou même de plusieurs mondes. Établi à New York depuis 2017, Stéphane devient le percussionniste du groupe du légendaire batteur, excellente référence en funk, Bernard “Pretty” Purdie, collabore avec le duo On Fillmore (de Darin Gray et Glenn Kotche, Wilco) entre autres projets et est actuellement batteur de la tournée mondiale de David Byrne (American Utopia), Stéphane signe la production de “Saved By The Drums”. Pour le mixage à Brooklyn, il a pu compter tant sur le talent d’un autre excellent ami, le Canadien Scotty Hard, référence dans le hip-hop et aussi connu pour sa coopération avec les artistes Brésiliens, Nação Zumbi, +2, Elza Soares…

Le meilleur des mondes peut être dans un coin de rue à New York. Mais il devient beaucoup plus profond avec de réelles connexions humaines, à Rio de Janeiro, à Bamako, à La Havane ou à Montpellier, où l’adolescent Stéphane a commencé à jouer de la batterie avec des musiciens africains. Comme dirait Wilson das Neves, « Ô Chance! »
Pedro Só
Released on October 1, 2018.

Featuring artists:

Alberto Continentino: bass on 1,6,8
Armando Marçal: percussion on 5
Danilo Andrade: keyboards
Guilherme Lirio: guitar on 1,2,4,6,7,8
Gustavo Ruiz: baritone guitar on 3
Guto Wirtti: bass on 2,4,7
Jeffrey Zeigler: cello
Kassin: bass on 5
Michael Leonhart: trumpet
Pedro Sa: acoustic and electric guitar on 5
Rogê: acoustic guitar and lead vocal on 6
Stéphane San Juan: drums, percussion, lead vocal
Wilson das Neves: lead vocal on 5
Zé Manoel: wurlitzer and lead vocal on 4
Zéro Telles: percussion, lead vocal on 1

Recorded by Eduardo Costa at Studio Marini, Rio de Janeiro
Engineer assistants: Mauro Araujo, Felipe Areas
Additional recordings by
Berna Ceppas at Studio Monoaural, Rio de Janeiro
Pedro Paulo Monnerat at Studio PP, Araras,
Edição digital: Rico Romano

Mixed by Scotty Hard at Duro of Brooklyn Studio, New York
Engineer Assistants: Connor Schultze, Adam Partridge

Mastered by Mike Fossenkemper at Turtletone Studio, New York

Artwork & design: Radiografico
Photo: Neirin Jones

This album is dedicated to my spiritual father Wilson Das Neves